NewsRoom

Entretiens

Newsroom .

CGTN África Interview .

Entretiens .

By Isabel dos Santos .

Un alignement accru entre le gouvernement et les entreprises est essentiel

Isabel dos Santos – Il y a vingt ans, il n’y avait pas de symboles entrepreneuriaux africains. Aujourd’hui, il est estimé que dans chaque pays il y a des investisseurs et des acteurs importants dans leurs économies. Une bonne partie de ces acteurs ne se limite plus à leurs propres pays. Ils se développent dans d’autres pays africains et établissent des réseaux qui ne se trouvent pas que dans leurs pays d’origine respectifs mais aussi dans d’autres villes africaines et agissent à une échelle plus africaine. Ceci est une idée visionnaire.

CGTN Africa– En tant qu’agent important dans le secteur du pétrole et du gaz en Angola, quelles leçons peut retenir l’Afrique ? Surtout après l’agitation dans le prix des matières-premières ?

Isabel dos Santos – Je suis rentrée dans le secteur du pétrole dans la perspective d’une entreprise publique. Les entreprises publiques ont une ambiance de travail très particulière, mais perçoivent aussi le bénéfice socio-économique généré dans ces économies. Dans le cas particulier de Sonangol, vu qu’il s’agissait du concessionnaire des droits d’exploitation de pétrole au niveau national, cela était vraiment central pour la société. Les entreprises publiques et privées sont gérées d’une façon un peu différente. Quand on prend les entreprises internationales privées, celles-ci sont beaucoup plus centrées sur la rentabilité, à avoir une gestion efficiente, à trouver les meilleures opportunités d’investissement. Parfois, il n’y a pas d’alignement entre une entreprise privée et une entreprise publique.

Dans une entreprise publique, la priorité peut être parfois le développement régional, le développement stratégique ou la création d’emploi dans certaines zones. Elles sont aussi beaucoup plus alignées avec les questions politiques. Dans le cas du secteur du pétrole et de ses opportunités, on m’a demandé si nous pouvions faire plus et mieux. La réponse est oui. En définitif, nous pouvons faire plus et mieux. Cela est possible si on est plus rigoureux dans les formes d’investissement, en tant que gouvernement, concessionnaire ou tout autre agent dans le secteur du pétrole. Il faut observer attentivement le secteur du pétrole et mieux étudier les opportunités avant d’investir notre argent. Reconnaître les meilleures opportunités, investissements plus petits, rendements plus rapides, risques plus petits, pour devenir plus résilients et, après, développer ces opportunités.

CGTN Africa– L’Angola est en train de passer par des grandes réformes dans le secteur du pétrole et du gaz. De quelle façon cela va changer la conjoncture de l’industrie ?

Isabel dos Santos– Le gouvernement et une bonne gouvernance sont des points-clé, car ils créent une ambiance macroéconomique et il faut que cette ambiance fonctionne. Questions budgétaires, planifier soigneusement le budget. Repérer où sont les investissements nécessaires d’infrastructure. Parfois nous investissons au niveau d’infrastructures, mais est-ce qu’elles sont au bon endroit ? Sommes-nous en train de positionner ces infrastructures à proximité des emplois là où la communauté entrepreneuriale en a besoin ? Un alignement accru entre le gouvernement et les entreprises est essentiel. Lorsque le gouvernement est en train de développer des politiques, celui-ci doit être sérieux. En termes de gouvernement, les politiques sont essentiels pour créer l’ambiance macroéconomique et avoir un dialogue proche entre le gouvernement et la communauté entrepreneuriale.